De retour de vacances, voici quelques nouvelles en vrac:

1/ Une mauvaise, ou plutôt une pas bonne pour commencer. Comme je m'y attendais un petit peu, je n'ai pas été embauché par le journal pour lequel je suis pigiste depuis plus de 3 ans.
Je m'explique. Le groupe de presse auquel appartient mon journal a été racheté, une clause de cession s'est logiquement ouverte. Deux confrères ont profité de cette clause pour mettre les voiles. Avec deux départs, l'espoir de voir un de ces postes remplacé est né. Étant le seul pigiste professionnel, j'avais légitimement espéré pouvoir être embauché... Et ben non...

Sommes-nous "une profession du passé" pour paraphraser le patron d'un grand groupe de presse? Avons-nous scié la branche sur laquelle nous étions assis? Sommes-nous qu'une bande d'emmerdeurs payés une fortune pour faire clic-clac? Ne sommes nous que des presses-boutons affublés de boitiers à 5000€ qui de toute façon font de bonnes photos? Qui n'a pas entendu un jour ces stéréotypes? Malheureusement comme tous les préjugés, il y a souvent du vrai, un peu...
La crise du photojournalisme vient d'atteindre un des derniers bastions de la profession: les staff des journaux... En 2000, il y avait 12 photographes à la rédaction pour laquelle je travaille, aujourd'hui mes collègues ne sont plus cinq. Soit une baisse des effectifs de l'ordre de 60%...
D'où vient le problème: nous pratiquons la photo de presse depuis 50-60 ans de la même façon. Certes, les évolutions technologiques ont apporté un grand confort de travail mais fondamentalement c'est le même job (aller sur le terrain, shooter, rentrer, traiter, envoyer). Nous n'avons pas évolué. De plus, tous les photographes produisent le même type de photos. On peut observer une uniformisation de l'esthétique de la photo de presse en particulier dans le domaine du sport...

Alors pourquoi payer un mec et l'envoyer à l'autre bout du pays si on peut acheter une aussi bonne photo, voire même meilleure pour 50€ sur Maxppp ou en récupérer une sur le fil AFP puisqu'on y est abonné...

Je n'ai évidemment pas la solution, il n'en existe pas. Pas une solution miracle qui sortirait la profession de la galère. Il existe en revanche différentes solutions pour qu'un service photo ne meure pas définitivement: l'édition, le tirage d'art, l'utilisation des archives, le blogging pour diffuser des photos non parues ou contextualiser et raconter les coulisses, l'animation communautaire via les réseaux sociaux (la photo est une passion pour des milliers de personnes toujours avides de conseils et d'échanges), la diversification avec le multimédia (vidéo, son, visite virtuelle...). A nous d'évoluer avant de mourir.

2/ Pour accompagner cette nécessaire mutation professionnelle, je travaille actuellement sur mon nouveau site web. N'étant ni webmaster, ni webdesigner, je me suis tourné vers Wordpress le tout accompagné d'un thème minimaliste de chez Graph Paper Press. L'objectif est de réunir sous une même adresse mon site vitrine et mon blog. Je bricole encore dessus, mais j'espère que ce sera prêt dans les prochaines semaines. Rendez vous sur ce blog et sur twitter pour le lancement officiel ;)

3/ Autre nouvelle liée aux précédentes, c'est la naissance il y a quelques semaines de Framework, le blog du service photo du Los Angeles Times. Je vous encourage vivement à visiter régulièrement ce blog bien foutu et très intéressant. Vous comprendrez alors où j'ai piqué quelques idées développées plus haut.